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03/11/2008

Johan Brevet parti coloniser les zones sous médicalisées de Saône et Loire.

Fils de médecin généraliste toulousain, Johan, 25 ans, avait sa voie professionnelle toute tracée : il aurait pu reprendre confortablement le cabinet médical de son père, en plein cœur de la Ville Rose. « Mon père est médecin en ville et m'a proposé de reprendre son cabinet, mais ça ne m'intéressait pas. Je préférais une médecine de proximité comme avant, lorsqu'un médecin suivait les enfants de la naissance à l'âge adulte. On y revient un peu avec le médecin traitant ». Le futur médecin a donc fait un autre choix : celui de s’installer à la campagne qui depuis une dizaine d’années souffre d’une désertification médicale récurrente. En Bourgogne, plus précisément, où les chiffres sont dramatiques au-delà des 5 ans à venir. Ici, la densité des professionnels de santé est déjà inférieure à la moyenne nationale. En 2025, on prévoit une baisse de la densité de 8 %. Selon l’Union Régionale des Caisses d’Assurance Maladie, 17 zones sont déficitaires en Bourgogne. En Saône-et-Loire, plusieurs cantons sont identifiés comme déficitaires, notamment Semur-en-Brionnais et Marcigny.

Pour ce jeune interne des hôpitaux de Paris, s’installer dans trois ans, en Bourgogne du Sud, est un sacré pari que tente moins d’un interne sur 4. Cela fait de lui un missionnaire parti recoloniser un secteur sous-médicalisé. En choisissant cette région, il n’est pas en terre inconnue car ses racines familiales sont à Cluny. Pour le convaincre de sauter le pas, l'aide financière du Conseil général de Saône et Loire y a lourdement contribué, puisqu’elle va quasiment doubler son salaire d'interne. « Si elle n'avait pas été conséquente, je ne me serai pas engagé. Elle est arrivée à un moment où justement, je me posais la question du lieu de mon installation. » Voté fin 2006, le dispositif « Jeunes médecins en Saône-et-Loire » débloque une aide de 1 000 €/mois pendant 3 ans, soit une aide globale de 36 000 €. Pour les élus, il s'agit de « garantir un accès équitable aux soins pour tous les habitants » en contribuant « à pallier le manque de médecins généralistes, notamment en zone rurale ». L'indemnité s'adresse aux étudiants en 3e cycle de médecine générale. Pour prétendre à cette bourse, l'étudiant doit s'engager à s'installer sur une durée minimale de 5 ans dans l'un des cantons identifié comme « déficitaire ». Comme l’a promis Johan qui s’installera dans le Charolais qui manque cruellement de médecins, les jeunes rechignant à venir dans des zones jugées isolées. « J'avais aussi envie de soigner mon cadre de vie, de travailler à la campagne, et comme Cluny est le seul coin que je connais. Mon grand-père est de là, nous y avons gardé une maison familiale où je suis souvent venu en vacances. En clair, je suis parti pour m'installer pour longtemps » conclut, optimiste, le futur médecin de campagne.

Gilles Carvoyeur

 

 

 

 

 

 

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