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23/04/2009

HYERES : Tout vient à point à qui sait attendre. Même le vent !

Tout vient à point à qui sait attendre.



Si la brise a fait la grasse matinée, ce mercredi 21 avril, à Hyères (en cause, un conflit d'intérêt entre des vents thermiques et synoptiques trop faibles), elle a récompensé la flotte de la SOF en s'établissant entre 8 et 12 nouds à partir de 15h30 avec un soleil estival en prime. Du coup, « un miracle » commentait ce soir le coordinateur des Comités de course, Ion Echave, l'intégralité du programme prévu a été respectée ! Et avec des conditions où la rade de Hyères devient un petit paradis pour la pratique de la voile. Et comme les concurrents de la SOF ont du talent, le spectacle a été à la hauteur du site. Bien qu'encore irrégulier, ce vent medium a affermi la plupart des hiérarchies esquissées au cours de la première moitié de l'épreuve.


En 49er, les frères Sibello maintiennent la cadence en empochant une cinquième manche mais aujourd'hui leurs dauphins, Frederico et Arturo Alonso, des frangins aussi mais espagnols cette fois, ont fait mieux encore avec deux victoires de manches. La progression du jour est pourtant à mettre au crédit de Morgan Lagravière et Yann Rocherieux qui gagnent 5 places et pointent à la 4ème position. Même si leur ordre a bougé - on sait que le 49er a pour caractéristique de rapidement « brasser » les classements - les quatre français se maintiennent à 24 heures de la Medal Race dans le top ten.
Toujours en double, mais sur 470 cette fois, les italiens Gabrio Zandona/Edoardo Mancinelli et les suisses Matias Buhler/Felix Steiger qui se bagarrent en tête depuis le début se sont vus voler la vedette par les japonais Harada Ryunosuke/Yoshida Yugo qui passent de cinq à un et remportent la deuxième manche du jour. Ces trois là se tiennent en 3 points. La première manche revient elle à Pierre Leboucher et Vincent Garos qui, 9ème ce soir, ont de bonnes chances de se qualifier en medal race tout comme évidemment Nicolas Charbonnier et Baptiste Meyer Dieu, 5ème au général.
Chez les femmes, les danoises Henriette Koch et Lene Sommer poursuivent leur tranquille domination. Le parcours d'Ingrid Petitjean et Nadège Douroux est moins aisé - une belle 3ème place dans la dernière manche quand même - mais les Marseillaises, 9ème, conservent toutes leurs chances de se qualifier en Medal race. Il ne faudra toutefois pas faiblir, 6 points seulement séparant les 6ème des 12èmes.
En Laser, malgré une journée moins faste que les précédentes, la tchèque Veronika Fenclova tient toujours la corde devant la championne olympique de Laser Radial, l'américaine Anna Tunnicliffe.
Chez les hommes, même le « roi » Paul Goodison peut manquer une manche. La preuve : la première du jour terminée à la 31ème place. Il reste cependant largement en tête dans une série où le seul Français qualifié en groupe Gold, Malo Leseigneur, 31ème, a du mal à garder sa cadence des premières journées. Mais en être là ce soir est déjà une performance pour ce jeune calédonien qui découvre le haut niveau.
Le croate Ivan Kljakovic poursuit son impressionnante série (pas une manche en dessous de la 5ème place !), seul le slovène Gasper Vincec essaye de tenir le rythme. Jonathan Lobert et Thomas Le Breton joueront demain une place en Medal race (voir brève à suivre).
Même espoir pour la jeune Eugénie Ricard en planche, 11ème à 1 point seulement de la 10ème. Peina Chen, qui a pris la tête devant l'israélienne Maayan Davidovich, perpétue la qualité de l'école chinoise de planche dont on sait qu'elle a ramené une médaille d'argent puis d'or au cours des deux derniers JO.
Décidément, les planchistes Israéliens marchent fort puisque celui que Julien Bontemps hier regrettait de ne pas avoir pu devancer, Shahar Zubari, a cette fois explosé les compteurs en remportant quatre manches de suite. « Il va vite et est très pertinent dans ce type de temps » analyse le coach-manager des planches, Pascal Chaullet. Du coup, Julien passe deux à 8 points du nouveau leader. Progression par contre d'un autre Français, Samuel Launay, qui, 4ème, grappille des places tous les jours.
Enfin, pour finir saluons la domination des français en Star et 2.4. Deux fois premiers, une fois 2ème aujourd'hui, Xavier Rohart et Pierre-Alexis Ponsot montent en puissance régulièrement et possèdent ce soir 7 points d'avance sur les Grecs. Même progression pour Damien Seguin qui a cependant ce soir un nouveau dauphin en la personne de celui qui l'a privé d'une 2ème médaille d'or aux jeux paralympiques de Pékin, le canadien Paul Tingley. La bagarre est encore très serrée dans cette série qui vivra un moment historique vendredi : la première Medal Race de l'histoire des 2.4.

A Hyères (Var), Gilles Carvoyeur

Pierre Leboucher et Vincent Garos : du très bon, quelques erreurs et beaucoup de lucidité.

On sait que le duo Pierre Leboucher /Vincent Garos a du talent. Il le montre encore à la SOF malgré un difficile début de manche et quelques erreurs qui leur coûtent des places. Mais les deux manches remportées, dont une aujourd'hui, confirment leur vitesse et leur potentiel. Ce soir, ils sont 9èmes au classement général. Pierre, le barreur raconte : « au début, j'étais malade comme pas mal de membres de l'équipe de France. On s'est accroché mais c'était dur notamment sur les départs. Ensuite l'OCS (départ volé) d'hier se joue à pas grand-chose. On commet quelques grosses erreurs mais on sait pourquoi et c'est facilement remédiable donc ce n'est pas grave. On a une bonne vitesse qui fait que quand on passe dix à la bouée au vent, on sait ensuite que l'on va gagner des places. Donc nous sommes contents de notre régate même si le vent en fin de journée était difficilement prévisible. Il fallait choisir son option et y croire. Une fois on a gagné, l'autre fois on a limité la perte en revenant bien après une mauvaise option au début ».

Ingrid Petitjean et Nadège Douroux espèrent finir en beauté

Troisième à la Semaine de Palma, Ingrid Petitjean et Nadège Douroux, 9ème ce soir, ont plus de difficultés à Hyères. Si Ingrid se refuse à comparer ces deux épreuves, elle n'en jette pas moins un regard lucide sur leur performance : « Aujourd'hui, on réalise une mauvaise manche et une bonne. Nous avons globalement du mal dans les remontées au vent, nos options ne sont pas très bonnes. Après on remonte mais en partant du coup de trop loin. Le niveau est ici aussi intense qu'à Palma mais les vents plus difficiles à lire. Mais chaque course est de toute façon, différente. Nous n'avons pas bien régaté. On va essayer de finir en beauté ».



Le breton : du Laser au Finn

Le brestois Thomas Lebreton a derrière lui deux préparations olympiques en Laser. A chaque fois, il s'en est fallu de peu qu'il ne s'impose pour la sélection comme le rappelle notamment son titre de vice-champion des jeux Mondiaux ISAF 2006. Mais pour les petits airs de la Chine, son gabarit aura été finalement un handicap trop lourd. « En 8 ans, j'avais fait un peu le tour du Laser et j'étais devenu trop typé question gabarit » confirme Thomas. D'où la décision de poursuivre sa carrière en Finn. Et paradoxalement, presque trop lourd en Laser, il lui faut désormais gagner du poids pour le Finn ! « C'est sûr qu'avoir du poids n'est pas pénalisant dans cette série. Alors que le Laser nécessitait surtout de la cardio pour gagner en vivacité, là je fais de la « muscu », du gainage. ». Autre différence, le Finn n'est pas un monotype pur comme le Laser, il permet des développements technologiques qui sont des défis que le Français juge intéressants. Il dit aimer également la plus grande maturité d'une flotte dans laquelle il se sent accepté : « Nous sommes moins et c'est plus convivial ». 17ème à Palma, il pointe à la 14ème place à la SOF à 24 ou 48 heures de la fin selon qu'il décroche sa place dans la Medal race. « Je sens des progrès. Je ne vais pas plus vite que les autres mais à certaines allures, je rivalise en vitesse même si parfois le bateau s'arrête sans que je ne comprenne trop encore pourquoi. Mais ça va venir ». Cette année, le membre de l'équipe de France militaire se fixe un objectif : accrocher le maximum de Medal races ». L'année prochaine, il sera temps de penser à mieux. En attendant, Thomas n'est qu'à 10 points du 10ème, la Medal Race lui tend les bras. Tout comme à Jonathan Lobert, qui est lui à égalité de points avec le 10ème. On saura demain si les deux Français ont décroché leur ticket pour cette finale à seulement 10 bateaux !




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